Une des grandes forces de l'association 5 Sommets 5 Continents est d'avoir su s'entourer de personnes motivées et compétentes pour nous aider à mener notre projet à bien, en particulier, des responsables d'organismes du Ladakh qui ont initiés et guidés les projets dans lesquels nous nous sommes investis. Nous venons vous parler dans cet article de Khenrab, et nous vous copions un article issu du blog d'un des membres du projet Ladakh 2011, Hélène Colpin, une amoureuse de l'Inde.
La rencontre qui aura marqué mon voyage
Mesdames, il faut que je vous présente quelqu’un, non ce n’est pas David de Rotshild, petit dernier de la famille milliardaire, rencontré par hasard dans mon village perdu dans l’immensité himalayenne mais quelqu’un qui m’a 100 fois plus impressionné et que je considère désormais comme LE modèle d’être humain que l’on devrait tous suivre : Khenrab.
Cet homme sait tout faire, les seules choses qu’il ne sait pas faire c’est être désagréable, égoïste et peut-être mettre un clou dans un mur sans qu’il s’écroule… vous comprendrez cette boutade dans un article futur.
Khenrab (sweat violet), Tashi (portant le thé) et les accompagnateur de David
Khenrab est l’un des meneurs de projet au Ladakh que l’association de mon école d’ingénieur « 5 Sommets 5 Continents » a choisi de supporter et avec qui j’ai donc passé beaucoup de temps pendant mes vacances dont une partie s’est déroulée à Chilling dans son village natal perché à 3500m d’altitude.
Résumer ses activités en une phrase n’est pas évident. Si je devais donner un titre à son CV je dirais « Optismiste green-entrepreneur Ladakhi »
Optismiste : parce qu’avec lui (même quand on cassait les murs) c’est tous les jours « No Stress, no Problem ».
Entrepreneur : car je ne connais pas une seule personne qui s’investisse autant pour une cause avec tant d’intelligence (et tant de bonnes idées pour réparer les murs cassés suite à des tentatives de mise en place de clou).
Green : car tout ce qu’il met en place autour de lui se fait dans une optique de développement durable (à part peut-être les murs des maisons…).
Ladakhi : bin parce que c’est comme ça qu’on appelle les gens au Ladakh :)
Ce jeune homme, diplômé de biologie de l’université de Leh (capitale du Ladakh), est l’un des responsables du parc national d’Hemis et l’un des plus grands bienfaiteurs des léopards des Neiges qu’il existe sur cette planète !
Ce garçon n’est peut être pas diplômé du prestigieux Indian Institude of Technologie mais c’est l’une des personnes qui utilise le plus intelligemment ses connaissances et expériences qu’il m’ait été donné de rencontrer. Il est la preuve qu’on peut avoir « no big degree » (pour le citer) mais qu’on n’a pas besoin de ça pour faire quelque chose de son existence : se mettre au service des gens et de la planète.
D’ailleurs parlons un peu de ses projets, projets sur lesquels nous nous sommes greffés.
Khenrab est membre fondateur de la Youth Association For the Conservation And the Development of Hemis National Park (YAFCAD) qui mène des projets innovants, pensés développement durable, mobilisant les habitants du parc national pour, entre autre, préserver l’espèce menacée qu’est le Léopard des neiges. En s’attaquant à leur cheptel, le léopard des neiges était devenu l’ennemie public numéro un dans le parc. Mais Khenrab, grâce à ses solutions innovantes a réussi à générer de nouveaux revenus pour ces populations ce qui a permis de ré-équilibrer les pertes engrangées par la loi de la nature.
Ses idées sont multiples : il a mis en place le concept des “Home Stay” permettant aux habitants des villages d’héberger et de nourrir les treckeurs de passage (c’est d’ailleurs de cette façon que j’ai été logé au Ladakh). Les treckeurs ont donc la chance de pouvoir être ainsi sensibilisés au mode de vie Ladakhi, et en même temps les familles bénéficient d’un revenu supplémentaire.
Il cherche aussi à développer l’éco-tourisme en proposant dans les villages des stations de purification d’eau qui permettraient aux villageois de revendre le précieux liquide aux treckeurs plutôt que de leur vendre des bouteilles d’eau en plastique qui finissent bien souvent par polluer ses espaces sauvages.
Les abricotiers poussant à foison sur les hauteurs du ladakh, plutôt sur de gâcher des milliers d’abricots il a aussi eu l’idée de proposer un échange de compétences culinaires entre les femmes ladakhis et nous afin que nous leur apprenions à faire de la confiture qui pourrait être revendue au treckeurs.
Mais Khenrab n’est pas juste un champion de l’écologie c’est également quelqu’un qui nous aura fait beaucoup réfléchir sur la vie en général notamment lors des visites de monastère lors desquelles il a été notre guide.
Un des grands moments du voyage fut la visite du monastère de Shey, ancienne capitale du Ladakh, lors de laquelle il nous a décrit, simplement, les peintures présentes à l’entrée de chacun des monastères : la roue de la vie qui décrit les 6 cycles de l’existence dont il faut s’affranchir et une peinture représentant la longévité : un vieillard dans la nature, car pour les Ladakhis/Tibétains on ne peut imaginer une vie longue sans harmonie avec la nature… à méditer.
Khenrab nous expliquant l’iconographie Tibétaine
Sa rencontre a été pour moi magique, les moments partagé très émouvants, mais cela aura aussi été un véritable électrochoc sur nos modes de vie qui peuvent depuis me paraitre un peu dérisoire et surtout incroyablement auto-destructeur.
Je commence donc le récit de mon voyage par ce portrait car avant toute autre chose, ce qui aura fait de ce voyage un très très très grand moment auront été les émotions que m’ont apporté tout les gens qui m’ont entouré dans ces paysages grandioses.
En présentant Khenrab, j’ai également résumé une partie de mon voyage qui consistait donc à lui apporter ma bonne volonté sur les projets d’installations de panneaux solaires et purificateurs d’eau à Chilling, son village natal.
Le déroulement du projet fera l’objet d’un prochain reportage sur ce blog.
Vous pouvez retrouver tous les articles du blog d'Hélène à cette adresse :
http://www.delhisjungle.com